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Publié : 19 juin 2014

UN RESISTANT AU COLLEGE RABELAIS :


UN RESISTANT AU COLLEGE RABELAIS : M. Lucien Maronneau Monsieur.


Maronneau est venu le 18 mars dernier, pour raconter aux élèves de 3ème 3 son histoire lors de la seconde Guerre Mondiale.


Il est né le 20 mars 1921 à Mézidon, en Basse-Normandie. Adolescent, il souhaite arrêter l’école alors il suit un apprentissage de boucher pendant trois ans.


Mais en 1939 la guerre éclate. Lucien Maronneau décide d’accomplir des actions de résistances car il n’accepte pas l’occupation : il détruit notamment des journaux aux propos antisémites. Ces actions commencent à attirer l’attention et son père préfère l’envoyer dans le Doubs, en 1941, où il est possible pour Lucien Maronneau de rejoindre un maquis ( lieu où se cachent et se retrouvent des groupes de résistants) ou alors de passer en Suisse, pays non envahi et neutre.


Il est arrêté en gare de Langres en Haute-Marne. On lui reproche d’avoir pénétré en zone interdite. Il lui est ensuite conseillé de rentrer chez lui, vu son jeune âge.


Deux ans plus tard, M. Maronneau est appelé par les Allemands pour le Service de Travail Obligatoire (STO). Il travaille dans une fabrique de briques, près de Caen, dans le Calvados, son département natal. Il y retrouve des amis de son village, et ils font du sabotage : ils ne cuisent pas assez les briques, qui s’effritent au bout de quelques jours pour empêcher les allemands de construire des baraquements. De nouveau, ses actions attirent l’attention, et il s’enfuit grâce à la complicité de son patron.


Il a la volonté de rejoindre les Forces Françaises Libres et se rend à Tours dans un premier temps, puis tente ensuite de rejoindre l’Espagne, grâce à de faux-papiers et part pour Pau. Mais une fois arrivé en Espagne, il est arrêté, puis tabassé lors d’interrogatoires.


Il est ensuite déporté avec un tourangeau, Jacques Pévrol vers la prison de Ha à Bordeaux. Ils sont à sept dans des cellules d’une seule personne, durant quinze jours. Il est ensuite déporté vers Compiègne, ils sont 40 par wagon. Compiègne est un camp de rassemblement. Suite à des tentatives d’évasions, ils se retrouvent à 100-120 par wagon. Certains sont décédés par asphyxie.


Il transitera ensuite entre plusieurs camps de concentration, avant d’arriver dans un endroit plus agréable, en 1943, sans clôture mais avec des fusiliers et des chiens qui veillent à ce que personne ne s’échappe. Il va travailler dans des mines à longueur de journée. La journée est longue : 12h-24h avec une seule pause à 17 Heures. Ils étaient réveillés à 5 heures du matin pour contribuer à la construction du camp pendant 6 heures. Ils ne pouvaient pas changer de vêtements. Dans un autre camp, il est appelé comme cuisiner, grâce à sa formation de boucher. Il évite donc la construction d’abris puisque les allemands voulaient cacher leurs usines.


Il va ensuite dans le camp de Bergen-Belsen, en avril 1945. Il y sera libéré par les anglais. Il faut savoir que les détenus étaient très maigres et avaient faim, et quand les anglais leur ont donné à manger certains n’ont pas écouté les consignes des libérateurs et ont mangé énormément et sont décédés. Cet homme est rentré chez lui dans le courant de l’année et a essayé de reprendre sa vie normale.


Je remercie M.Marroneau pour son intervention au collège. Il a permis à toute une classe de découvrir la vie il y a soixante-dix ans pendant la guerre, ce qu’il se passait dans les camps de concentration et comment les résistants pouvaient lutter contre l’occupant. Son témoignage nous a émus et je remercie également Mmes Lehoux et Faure qui l’ont fait venir au collège. Tous les élèves garderont un souvenir de son récit.


Gurvan Q. 3è3

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